En 2025, le Brésil a franchi une étape décisive pour transformer sa capacité à prévenir et à répondre aux incendies de forêt, qui affectent particulièrement l’Amazonie et le Pantanal. Après des années de forte vulnérabilité, marquées par des ressources fragmentées et une faible coordination entre les différents niveaux de gouvernement, le pays a adopté la Loi n° 15.143/2025, une avancée majeure qui modernise les instruments de financement et permet aux États et aux municipalités d’accéder plus rapidement aux ressources destinées aux actions de prévention, de préparation et de lutte contre les incendies de forêt.

À partir de cette loi, le Ministère de l’Environnement et du Changement climatique (MMA), par l’intermédiaire du Fonds national pour l’environnement (FNMA), a lancé en juin 2025 l’Appel FNMA n° 1/2025, doté d’un budget total de 32 millions de réais, destiné au renforcement des municipalités prioritaires pour la prévention et la lutte contre les incendies de forêt en Amazonie et dans le Pantanal. Cette initiative vise à renforcer les Plans opérationnels municipaux de prévention et de lutte contre les incendies de forêt (PPCIF) grâce au financement d’équipements, d’intrants et de services spécialisés.

Les résultats de l’appel ont déjà été publiés : 31 municipalités ont été sélectionnées parmi les 62 participantes, dont 26 sont situées dans le biome amazonien et 5 dans le biome du Pantanal. Cette avancée représente une étape concrète vers la décentralisation des ressources et le renforcement des capacités locales de prévention et de réponse face aux incendies de forêt.

Municipalités sélectionnées

Bioma Amazônia (26): Apuí; Manicoré; São Félix do Xingu; Lábrea; Itaituba; Jacareacanga; Juína; Querência; Rurópolis; Juara; Placas; Rio Branco; Rondon do Pará; Nova Bandeirantes; Conquista D’Oeste; Cláudia; Feijó; Comodoro; Ulianópolis; Trairão; Bom Jesus do Araguaia; Pacajá; Feliz Natal; Vila Bela da Santíssima Trindade; Dom Eliseu; Marcelândia. 

Bioma Pantanal (5):  Porto Murtinho; Barão de Melgaço; Corumbá; Sonora; Mirassol D’Oeste. 

Ce nouveau cadre normatif, ainsi que la mise en œuvre de l’appel fédéral, ouvrent une opportunité sans précédent pour renforcer les brigades communautaires, protéger des écosystèmes stratégiques et garantir les moyens de subsistance locaux, tout en élargissant la capacité de l’État brésilien à faire face aux impacts croissants de la crise climatique.

Un processus de collaboration stratégique

L’Initiative BASE, coordonnée par la Fondation Avina, a joué un rôle clé en articulant les efforts entre le Congrès national, le MMA et les organisations de la société civile, en créant un espace de confiance et d’analyse stratégique qui a contribué à accélérer la prise de décision à un moment législatif critique. Lorsqu’une Mesure provisoire destinée à renforcer le financement des incendies risquait de perdre sa validité, Avina a impulsé une collaboration entre le MMA et le cabinet de conseil Pulso Público, qui a apporté une intelligence législative en temps réel, une cartographie des acteurs clés et une orientation politique.

Ce soutien technique a contribué à l’adoption de la nouvelle loi et au renforcement d’un agenda national de prévention et de lutte contre les incendies de forêt. Par la suite, ce travail s’est élargi à une cartographie politique qui rapproche aujourd’hui des parlementaires, des maires et d’autres acteurs infranationaux de cette agenda, favorisant l’institutionnalisation du sujet, la mobilisation de ressources et la tenue d’auditions publiques au Congrès national.

Impacts potentiels pour les communautés et les écosystèmes

La combinaison du nouveau cadre juridique, de l’appel fédéral déjà mis en œuvre et de l’articulation politique établie dessine une trajectoire structurelle pour consolider un système capable de financer, de manière continue et stratégique, des actions de prévention et de réponse aux incendies de forêt au Brésil.

Cette avancée a le potentiel de :

  • Renforcer les brigades communautaires et améliorer leurs conditions de travail ;

  • Protéger des écosystèmes critiques qui régulent l’eau, le climat et la biodiversité ;

  • Réduire les risques et les pertes pour les communautés rurales, les peuples autochtones et les agriculteurs familiaux ;

  • Intégrer des preuves climatiques dans la formulation des politiques publiques et dans les décisions budgétaires.

À travers ce processus, l’Initiative BASE réaffirme son engagement à articuler connaissances, acteurs et stratégies afin que les territoires les plus vulnérables puissent faire face à la crise climatique avec davantage de justice, d’efficacité et de résilience.